COMPOSITEURS
© Christian Texier & Disques CinéMusique

JEAN PRODROMIDÈS
Jean Prodromidès naît le 3 juillet 1927 à Neuilly-sur-Seine d'un père avocat qui le dirige tout naturellement vers des études de droit. Mais le jeune garçon est attiré par la musique et écoute pendant des heures le piano mécanique de son père. Il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il reçoit l’enseignement de Noël Gallon avant de suivre les cours d'Olivier Messiaen. Le théoricien René Leibowitz lui apprend également les techniques de la musique dodécaphonique et aiguise son appétit pour l’atonalité et les recherches instrumentales.
Après son service militaire, Jean Prodromidès entre de plain-pied dans le monde du cinéma avec le long métrage Courte tête (1956) de Norbert Carbonnaux. À la fin des années 1950, il participe à Archimède le clochard de Gilles Grangier, film taillé sur mesure pour le grand Jean Gabin qui lui fera confiance au point de le recommander à ses metteurs en scène de prédilection (Jean Delannoy, Denys de la Patellière). Dans un autre style, il composera aussi l’ample musique illustrative du Voyage en ballon (1960) d’Albert Lamorisse, la partition intimiste, dominée par les choeurs, des Amitiés particulières (1964) de Delannoy, ainsi que les bandes originales mémorables de deux films de Roger Vadim, Et mourir de plaisir (1960) et Metzengerstein, première des trois Histoires extraordinaires (1968) d'après Edgar Allan Poe.
Au début des années 1980, le cinéaste polonais Andrzej Wajda rencontre Prodromidès à la suite de l’audition de son oratorio Le Livre des Katuns et lui propose d'écrire la musique de Danton, qui demeure sa partition la plus audacieuse pour le cinéma. Délaissant la fiction télévisuelle alors en plein essor, le compositeur se consacrera à la musique “sérieuse” qu’il pratique parallèlement depuis la fin des années 1950. On lui doit notamment l'oratorio Les Perses, première tentative de stéréophonie à la télévision française. L’opéra représente le moyen idéal de prolonger son goût pour l’expression dramatique, déjà manifeste dans sa production pour le cinéma. À ce jour, il a écrit cinq opéras : Passion selon nos doutes (1971), Les Traverses du Temps (1979), H. H. Ulysse (1984), La Noche Triste (1989) et Goya (1996). En 1990, Jean Prodromidès a été élu à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, au fauteuil d'Henri Sauguet.