FOIRE AUX QUESTIONS

Depuis quelques années déjà, Disques Cinémusique se consacre exclusivement aux albums numériques. Ne prévoyez-vous pas revenir au support physique?

 

Absolument pas. Alors qu’elle s’adressait au départ surtout aux consommateurs occasionnels, l’offre légale de musique sous forme de téléchargement et d’écoute en continu (streaming) gagne en popularité auprès de tous les publics. Devant l’accroissement de l’offre et la souplesse d’utilisation que permet cette forme de distribution, les mélomanes ressentent moins le besoin de conserver la musique qui les intéresse sur support physique. Cette dématérialisation de la musique étant irréversible, nous avons été parmi les premiers labels spécialisés à nous adapter aux changements d’habitude de la clientèle.

 

Qu’en est-il de la qualité sonore des fichiers audio offerts en ligne ?

 

Toutes les boutiques de musique en ligne offrent un service de base gratuit financé par la publicité qui donne accès à des fichiers MP3 en basse résolution. Moyennant un coût d'abonnement mensuel minime, l'utilisateur peut bénéficier d'une version de meilleure qualité.  Seule exception notable : YouTube, un important diffuseur de vidéos incluant des albums musicaux , offre une meilleure qualité à tous les usagers mais avec des messages publicitaires omniprésents. Son service Premium payant nous en libère.

 

Pour les plus exigeants, 7digital, Qobuz, Deezer et Tidal offrent une grande partie de leur catalogue, incluant nos éditions, en 16-bit FLAC, dit « lossless »., en téléchargement ou/et en écoute en continu. Ce format équivaut à la qualité sonore du CD.  Moyennant un autre supplément, certaines de ces boutiques proposent même des versions en format 24-bit FLAC, d’une qualité en principe supérieure puisqu’elles sont conformes aux fichiers originaux fournis par les labels, avant la gravure sur CD qui la réduit obligatoirement à 16-bit. Toutefois, comme la grande majorité des mélomanes est incapable de percevoir la différence entre la version en 16-bit et 24-bit d’un même enregistrement au stade final, nous ne recommandons pas cette option.

Quelques-unes de vos éditions numériques sont présentes en deux versions sur certains sites, avec des couvertures différentes. Les pistes audio comportent-elles un traitement sonore différent qui justifie cette pratique ?

 

Très peu de changements sont intervenus hormis la fragmentation du programme initial. Il s’agit d’albums de longue durée dont il fallait réorganiser le contenu pour se conformer à la structure tarifaire de certaines boutiques. On peut trouver les deux versions – longue et courte – sur certains sites comme iTunes.

 

Certaines de vos éditions utilisent des enregistrements du domaine public. Qu'est- ce que cela implique pour un label canadien ?

 

En janvier 2016, la période de protection des droits sur les enregistrements sonores au Canada a été étendue à 70 ans afin de s'harmoniser avec la législation en vigueur dans la plupart des autres pays. Nous pouvons continuer à utiliser en toute liberté les enregistrements produits avant le 1er janvier 1965, qu'ils aient déjà été édités ou non par d'autres compagnies. Après cette date, il nous faut conclure une entente avec les propriétaires des enregistrements. 

Les enregistrements du domaine public ne sont pas pour autant totalement exempts de droits : des royautés sont perçues sur toutes les ventes au bénéfice des éditeurs ainsi que des compositeurs pour une période allant jusqu’à 50 ans après leur décès.